Tuto · SymphoniqueScore · Débutant · 13 min de lecture

Comment transformer du MIDI en partition lisible

Vous jouez une idée dans Logic Pro, elle sonne bien, et la partition affichée ressemble à un champ de bataille : triples croches liées, silences partout, dièses au lieu de bémols. Ce n'est pas vous le problème, c'est la conversion. À la fin de ce tuto, vous saurez préparer votre MIDI pour qu'il donne une partition qu'un instrumentiste peut lire sans soupirer.

En bref

Nettoyez le MIDI, quantifiez-le sur la plus petite valeur réellement jouée, fixez armure et métrique, vérifiez clés et tessitures, puis ajoutez à la main phrasé, nuances et articulations.

Interface de SymphoniqueScore

Pourquoi un fichier MIDI ne donne pas directement une partition ?

Un fichier MIDI ne contient pas de noires ni de croches. Il contient des événements : telle note commence à tel instant, avec telle vélocité, et s'arrête à tel autre instant. Le temps est compté en ticks, des petites unités qui découpent chaque temps en plusieurs centaines de parts. Une partition, elle, parle en valeurs rythmiques : une noire, une croche pointée, un triolet.

Passer de l'un à l'autre, c'est donc deviner. Quand vous jouez une croche un peu en retard et un peu courte, le logiciel voit une note qui commence 30 ticks après le temps et qui dure 70 % de sa valeur. S'il l'écrit telle quelle, vous obtenez une triple croche de silence, une croche liée à une quadruple croche, puis un nouveau silence. Tout est juste mathématiquement, et c'est illisible.

Le MIDI ne dit pas non plus dans quelle tonalité vous êtes, si un fa dièse doit s'écrire sol bémol, quelle main joue quelle note, ni si une phrase est liée ou détachée. Ces informations, c'est vous qui les connaissez. Toute la méthode qui suit consiste à donner au logiciel ce qu'il ne peut pas deviner, avant de lui demander d'écrire.

Étape 1 : nettoyer le MIDI avant toute conversion

Commencez par travailler sur une copie de votre projet ou de vos régions. Le son que vous avez fabriqué compte, et une partition propre demande parfois de raboter ce qui fait vivre l'enregistrement.

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    Une piste par instrument

    Si vos violons I et II sont sur la même piste, séparez-les. Une partition se lit pupitre par pupitre : chaque piste MIDI doit correspondre à une portée, ou à deux pour un piano ou une harpe.

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    Retirez les keyswitches

    Les bibliothèques d'orchestre changent d'articulation avec des notes très graves qui ne sonnent pas. Sur une partition, elles deviennent des notes absurdes six lignes sous la portée. Supprimez-les ou isolez-les sur une piste à part.

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    Chassez les notes fantômes

    Un doigt qui frôle une touche laisse une note de vélocité 5 qui dure un millième de temps. À l'oreille, rien. Sur la partition, une triple croche parasite. Filtrez les vélocités très basses et les notes très courtes, puis écoutez si rien d'utile n'a disparu.

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    Fusionnez les prises

    Plusieurs régions qui se chevauchent sur une même piste donnent des doublons de notes. Fusionnez-les en une seule région et supprimez les notes identiques superposées.

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    Raccourcissez les chevauchements

    En jouant legato, on garde souvent une touche enfoncée après l'attaque de la suivante. Pour un instrument monodique (flûte, violon, voix), ces recouvrements créent de faux accords. Coupez la fin de chaque note au début de la suivante.

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    Vérifiez le tempo

    Si vous avez joué sans clic, le tempo du projet ne colle pas à votre jeu et tout tombe à côté de la grille. Recalez le tempo sur votre interprétation, ou rejouez la partie sur le clic. C'est plus rapide que de corriger cent mesures à la main.

Étape 2 : quantifier, et pourquoi c'est la clé

Quantifier, c'est ramener chaque début de note sur la grille rythmique la plus proche. C'est l'étape qui décide si votre partition sera lisible. La règle : choisissez la plus petite valeur que vous avez vraiment jouée, pas plus fine. Si votre passage le plus rapide est en doubles croches, quantifiez à la double croche. Quantifier à la triple croche « pour être précis » laisse passer toutes les petites imprécisions de jeu, qui s'écrivent alors en valeurs minuscules.

Pensez aussi aux fins de note. Beaucoup de logiciels quantifient le début mais laissent la durée telle quelle. Une note qui dure 92 % d'une noire peut donner une croche pointée suivie d'un silence de double croche. Si votre outil le permet, quantifiez aussi les durées, ou réglez la plus petite valeur de silence affichée.

Réglages de départ : quelle grille de quantification ?

Points de départ standard, à adapter à ce que vous avez réellement joué. En cas de doute, écoutez le passage le plus rapide et comptez.

Nappes, accords tenus, bassesCrochePeu de mouvement, la lisibilité prime
Mélodie chantante, accompagnement simpleDouble crocheCouvre la plupart des musiques écrites
Passage rapide, ornements écritsTriple croche, sur ce passage seulementNe quantifiez fin que là où c'est joué fin
Croches ternaires, swing, 12/8Grille de trioletsUne grille binaire casserait chaque triolet
Passage mêlant binaire et trioletsGrille mixte, ou par sélectionQuantifiez chaque passage avec sa grille
Force de quantification100 % pour la partitionLa partition veut des valeurs nettes, le son peut garder son humanité

Étape 3 : armure et métrique, à fixer dans le projet

La tonalité décide de l'orthographe des notes. En sol mineur, la sensible s'écrit fa dièse, pas sol bémol. En mi bémol majeur, vous voulez des la bémol, pas des sol dièse. Si le projet ne connaît pas la tonalité, le logiciel choisit au hasard ou par défaut en do majeur, et la partition se couvre d'altérations accidentelles.

  • Renseignez la tonalité et la mesure dans le projet, au début du morceau, avant toute conversion. Dans Logic, les signatures du projet s'appliquent à la partition et voyagent avec les exports.
  • Notez chaque modulation à la mesure où elle a lieu. Un changement d'armure au bon endroit supprime d'un coup des dizaines d'altérations.
  • Vérifiez la métrique : un morceau joué en 6/8 mais laissé en 4/4 donne des triolets partout. Une valse en 4/4 coupe chaque mesure en deux.
  • Gérez l'anacrouse : si la mélodie commence sur un levé, faites démarrer le projet de façon à ce que la première mesure complète tombe juste, sinon tout le morceau est décalé d'un temps.

Étape 4 : tessiture, clés et ottava

Chaque instrument a une tessiture (l'étendue des notes qu'il peut jouer) et une clé habituelle. Jouer une partie de violoncelle au clavier sans y penser donne vite des notes que l'instrument ne peut pas sortir. Vérifiez les limites avant d'exporter : un instrumentiste qui reçoit une note impossible perd confiance dans tout le reste de la partition.

InstrumentNote la plus grave (son réel)Clé habituelleÀ savoir
ViolonG3SolAu-dessus de quatre ou cinq lignes supplémentaires, pensez 8va
AltoC3Ut 3e ligne, sol dans l'aiguÉcrire un alto en clé de sol dès le départ gêne les altistes
VioloncelleC2Fa, puis ut 4e ligne et sol dans l'aiguChangez de clé plutôt que d'empiler des lignes
ContrebasseE1 (souvent C1 avec extension)FaS'écrit une octave au-dessus du son réel
FlûteC4SolLe grave est faible, ne lui confiez pas une mélodie forte
Clarinette en si bémolD3SolInstrument transpositeur : sonne un ton plus bas qu'écrit
Cor en faB1 environSol (fa dans le grave)Sonne une quinte juste plus bas qu'écrit
Notation anglo-saxonne : C4 est le do central (do3 dans la convention française). Valeurs courantes pour un orchestre classique, à vérifier selon l'instrumentiste.

Quand une partie monte très haut ou descend très bas, utilisez l'ottava : 8va au-dessus d'un passage veut dire « une octave plus haut que noté », 15ma deux octaves, 8vb une octave plus bas. C'est surtout vrai au piano, où un trait aigu sur sept lignes supplémentaires est illisible. Une règle simple : au-delà de trois ou quatre lignes supplémentaires pendant plusieurs notes, passez en ottava ou changez de clé.

Étape 5 : nolets et rythmes hors grille

Un nolet est un groupe de notes qui partage un temps autrement que la division normale : triolet (trois dans le temps de deux), quintolet (cinq dans le temps de quatre), sextolet. Ce sont les pires ennemis de la conversion automatique, car une grille binaire ne peut pas les représenter. Le logiciel arrondit alors chaque note au seizième le plus proche et votre triolet devient une croche pointée, une double croche et une croche.

  1. Repérez les passages en triolets à l'écoute.
  2. Sélectionnez uniquement ces passages et quantifiez-les sur une grille de triolets.
  3. Quantifiez le reste sur la grille binaire habituelle.
  4. Relisez la partition à ces endroits : un triolet correct porte un petit 3 au-dessus ou au-dessous du groupe.

Pour un rubato ou une cadence libre, n'essayez pas de tout faire entrer dans la mesure. Écrivez le passage en valeurs simples et ajoutez une indication de caractère : l'instrumentiste fera le reste mieux que n'importe quelle grille.

Étape 6 : au piano, répartir les mains

Un piano tient sur deux portées, une par main en principe. La méthode la plus courante consiste à couper au do central : tout ce qui est au-dessus va en clé de sol, tout ce qui est en dessous en clé de fa. C'est rapide et souvent faux. Un accord de main gauche qui monte au-dessus du do central se retrouve coupé en deux, et la main droite hérite de notes qu'elle n'a jamais jouées.

Conducteur gravé en sol mineur : piano sur deux portées, violons I et violoncelles en dessous ; la main droite porte la mélodie avec des notes d'accord sous elle, la main gauche garde la basse et quelques notes intermédiaires, accords chiffrés Gm, Ebmaj7, Bb/F au-dessus
Un extrait gravé par SymphoniqueScore en répartition « Intelligente » : chaque portée du piano reçoit ce qu'une main aurait joué.

Une meilleure approche : regardez ce que chaque main peut atteindre (une octave, parfois une dixième pour une grande main) et répartissez les notes selon le jeu réel, pas selon une hauteur fixe. Le tuto répartir main gauche et main droite au piano compare les deux logiques sur le même extrait.

Ce qu'une conversion automatique ne devine pas

Même parfaitement quantifiée, une partition issue du MIDI reste nue. Le MIDI enregistre la hauteur, la durée et la force de chaque note, rien de plus. Tout ce qui dit comment jouer est à écrire par vous :

  • Le phrasé : où commence et finit une phrase. Une liaison de phrasé n'est pas une liaison de prolongation, et aucune durée de note ne permet de deviner l'intention.
  • Les nuances : une vélocité de 80 peut être un mf dans une pièce douce ou un p dans une pièce forte. La nuance dépend du contexte, pas du chiffre.
  • Les articulations : staccato, accent, tenuto, marcato. Une note courte peut être un staccato voulu ou une note mal tenue.
  • Les modes de jeu : pizzicato, sourdine, flatterzunge, pédale de piano.
  • Les respirations et coups d'archet, les doigtés, les indications de caractère comme « Tranquille » ou « Agitato ».

Certains outils proposent de convertir les vélocités en nuances. C'est un bon brouillon, rarement une version finale. La méthode pour relire et compléter tout cela est détaillée dans lire et corriger une partition générée depuis du MIDI.

Trois chemins possibles, selon votre besoin

CheminPour quiLimite
L'éditeur de partition de LogicUne partie simple, une relecture rapide, un document de travailLa mise en page fine demande du temps
Export MIDI ou MusicXML vers MuseScore, Dorico ou SibeliusUne partition à imprimer et à distribuer, avec matériel d'orchestreAller-retour entre deux logiciels à chaque modification
Un plugin qui grave pendant la lectureVoir le conducteur évoluer en composant, sans quitter le projetLes finitions se font toujours à la main
Les trois chemins se combinent : on peut graver dans le projet, puis finir dans un éditeur de partitions.

Pour l'export vers un éditeur, privilégiez le MusicXML : il transporte les clés, l'armure, les liaisons et les articulations. Le fichier MIDI ne transporte que les notes, le tempo et quelques repères. Tout est détaillé dans exporter une partition en MusicXML et en PDF.

Avec SymphoniqueScore : la partition s'écrit pendant que le projet joue

SymphoniqueScore est un processeur MIDI Audio Unit pour Logic Pro et GarageBand, actuellement en statut « Bientôt disponible ». Il ne remplace pas la préparation décrite plus haut, il l'applique en direct : chaque piste porte une instance Satellite qui capte ses notes et déclare son instrument, et une instance Master lit tout et grave le conducteur avec le moteur Verovio.

L'onglet Pupitres : le rôle de l'instance et les pistes reliées, rangées par famille.
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    Une instance par piste

    Insérez SymphoniqueScore sur chaque piste d'instrument. Dans l'onglet Pupitres, laissez-les en Satellite et choisissez l'instrument de chaque piste : la clé suit (par exemple clé de sol, son réel).

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    Une instance en Master

    Passez une instance en Master. Elle rassemble les dépôts de toutes les pistes ; la liste Pistes reliées affiche chaque piste avec son nombre de notes captées.

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    Écartez les keyswitches

    Sur chaque Satellite, activez « Ignorer hors tessiture » : les notes que l'instrument ne peut pas jouer, souvent des keyswitches, sortent de la partition.

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    Laissez lire armure et métrique

    Dans l'onglet Partition, Tonalité et Métrique en auto viennent du projet et se recalculent à la gravure. Les modulations sont détectées sur 24 tonalités.

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    Jouez le projet

    Avec Réécrire allumé, la lecture écrit la partition. Éteignez-le pour figer la gravure : plus rien ne la touche. Vider efface les notes captées, les pistes restent reliées.

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    Finissez à la main, puis exportez

    En mode Écriture, ajoutez articulations, nuances et liaisons, puis sortez la partition en PDF, MusicXML, PNG, SVG ou MIDI depuis l'onglet Export.

Ce que le plugin déduit du projet : tonalité, métrique et répartition des mains.

Côté rythme, le moteur détecte les nolets par vote, groupe les ligatures par demi-mesure et pose des ottavas multiples (8va, 15ma, 22ma) quand l'option Ottava auto est active, plutôt que six lignes supplémentaires. En mineur, la sensible s'écrit en dièse.

Réglages de départ dans SymphoniqueScore

Un point de départ pour un premier conducteur lisible, avec des options qui existent dans le plugin. Ajustez ensuite selon votre morceau.

RôleSatellite sur chaque piste, Master sur une seuleLes satellites captent, le master grave
Ignorer hors tessitureActivéLes keyswitches ne polluent pas la partition
Tonalité / MétriqueautoLues dans le projet, recalculées à la gravure
Répartition mains (piano)IntelligenteChaque portée reçoit ce qu'une main aurait joué
Commencer à la 1re mesure jouéeActivéLes mesures vides du début ne sont pas gravées
Portées utiles seulementActivéLes instruments qui ne jouent jamais disparaissent
Ottava auto (8va)ActivéMoins de lignes supplémentaires
Interface de SymphoniqueScore
Essayez la démo de SymphoniqueScore : survolez une commande pour voir son explication, changez la répartition des mains et regardez la partition se regraver.

Questions fréquentes

Peut-on convertir un MP3 ou un WAV en partition de la même façon ?

Non, pas directement. Un fichier audio ne contient pas de notes séparées : il faut d'abord une transcription audio vers MIDI, qui ajoute ses propres erreurs. La méthode de ce tuto s'applique ensuite au MIDI obtenu, avec encore plus de nettoyage.

Pourquoi ma partition est pleine de triples croches et de silences bizarres ?

Parce que le MIDI n'a pas été quantifié, ou l'a été sur une grille trop fine. Chaque petite imprécision de jeu s'écrit alors en valeur minuscule. Quantifiez sur la plus petite valeur réellement jouée, souvent la double croche, et vérifiez aussi les durées des notes.

Faut-il quantifier à 100 % ?

Pour la partition, oui : elle a besoin de valeurs nettes. Pour le son, pas forcément. Gardez une version non quantifiée pour la lecture, ou utilisez une quantification d'affichage séparée quand votre logiciel le permet, comme l'éditeur de partition de Logic.

Mon logiciel écrit des dièses au lieu de bémols, que faire ?

Indiquez la bonne tonalité dans le projet, à la mesure où elle commence, et signalez chaque modulation. L'orthographe des notes dépend de l'armure. Il restera parfois une note à corriger à la main, notamment dans les passages chromatiques.

MIDI ou MusicXML pour ouvrir ma partition dans MuseScore ?

MusicXML dès que possible. Il garde les clés, l'armure, les liaisons et les articulations. Un fichier MIDI oblige MuseScore à tout redeviner, avec sa propre quantification à l'import.

SymphoniqueScore fonctionne-t-il hors de Logic Pro ?

Les hôtes indiqués sont Logic Pro et GarageBand, sur macOS 12 ou plus récent, au format Audio Unit v3 processeur MIDI. Le plugin est en statut « Bientôt disponible » et sa démo est jouable sur le site.

Mis à jour le 03/10/2026.

SymphoniqueScore · Bientôt disponible

Voyez votre projet s'écrire dans SymphoniqueScore

SymphoniqueScore capte les notes de chaque piste de Logic Pro et grave le conducteur pendant que le projet joue.

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