Pourquoi préparer le MIDI
Le MIDI joué contient des informations que la partition ne veut pas : une note qui commence 12 millisecondes en avance, une autre qui déborde sur la suivante, une touche effleurée par erreur. Pour l'oreille, ce sont des nuances ; pour la partition, ce sont des triples croches pointées et des liaisons absurdes.
1. Une piste par instrument (et par portée)
Chaque instrument de la partition doit avoir sa piste. Pour les instruments à deux portées (piano, harpe), séparez la main gauche et la main droite, ou laissez le logiciel répartir, mais vérifiez le résultat : voyez partition de piano main gauche, main droite. Les pistes de doublure (un même pupitre sur trois banques) doivent être regroupées ou exclues.
2. Quantifier au bon niveau
Quantifiez sur la valeur la plus fine réellement jouée dans le passage : à la croche pour un choral, à la double croche pour un ostinato, au triolet seulement là où il y en a. Une quantification trop fine conserve les imprécisions ; trop grossière, elle détruit les rythmes. Les passages en triolets se quantifient à part.
3. Nettoyer les durées
- Chevauchements : une note qui déborde sur la suivante devient une liaison ou un accord. Raccourcissez-la jusqu'au début de la suivante (fonction « Legato » ou « Supprimer les chevauchements » de Logic).
- Micro-silences : une note qui s'arrête un poil avant la suivante crée des soupirs minuscules. Prolongez-la.
- Notes très courtes : une note de 5 ms est presque toujours un accident. Supprimez-la.
4. Tonalité, mesures et tempo
Indiquez la tonalité et tous les changements de mesure dans le projet. Sans cela, le logiciel choisit des altérations au hasard (ré bémol au lieu de do dièse) et les mesures se décalent. Si le tempo varie beaucoup (rubato), enregistrez avec un tempo qui suit le jeu plutôt que sur un tempo fixe : sinon les rythmes deviennent illisibles.
5. Instruments transpositeurs
Jouez tout en sons réels (ce que l'on entend) et laissez le logiciel transposer les clarinettes en si bémol, les cors en fa, les trompettes en si bémol. Ne transposez jamais le MIDI lui-même : le son serait faux. Les octaves des contrebasses et du piccolo suivent la même logique.
6. Vérifier avant d'exporter
- 1
Lisez la partition en écoutant
Les erreurs sautent aux yeux quand le son et l'image avancent ensemble.
- 2
Cherchez les valeurs bizarres
Triples croches isolées, notes pointées inattendues, liaisons sur trois mesures : chacune signale un défaut du MIDI.
- 3
Corrigez dans le MIDI, pas sur la page
Si la partition se régénère, une correction faite sur la page disparaît ; une correction du MIDI reste.
Pour la relecture détaillée, voyez lire et corriger une partition générée depuis du MIDI.
Avec SymphoniqueScore
SymphoniqueScore lit le MIDI de chaque piste pendant la lecture (une instance Satellite par piste, une instance Master qui grave le conducteur) et l'écrit avec une vraie gravure (Verovio) : ligatures, nolets, ottavas, tonalités, sensibles. Un MIDI préparé selon cette check-list donne une page lisible du premier coup ; l'export se fait ensuite en PDF, MusicXML, PNG, SVG ou MIDI.

Questions fréquentes
Faut-il quantifier le MIDI avant de faire une partition ?
Oui, à la valeur la plus fine réellement jouée dans le passage. Gardez une copie non quantifiée pour le son si vous voulez conserver le jeu.
Pourquoi ma partition affiche-t-elle des rythmes absurdes ?
À cause des imprécisions du jeu : débuts décalés, chevauchements, micro-silences. Quantifiez et nettoyez les durées dans le MIDI.
Faut-il transposer le MIDI des instruments transpositeurs ?
Non. Jouez en sons réels et laissez le logiciel de partition transposer l'affichage. Transposer le MIDI fausserait le son.
Comment éviter les mauvaises altérations ?
Indiquez la tonalité (et ses changements) dans le projet : le logiciel choisit alors les bonnes enharmonies.
Mis à jour le 06/10/2026.
