L'anatomie d'une montée et d'un impact
Une montée (en anglais riser) et un impact forment un seul geste en deux temps. La montée crée une attente, l'impact la résout. Tout l'art est dans le moment de bascule.
- Le souffle : un bruit filtré dont le filtre s'ouvre du grave vers l'aigu. C'est la sensation de vitesse, le « whoosh » qui grandit.
- La tonalité : une note ou un accord dont la hauteur monte. C'est la tension harmonique.
- Le trémolo : une pulsation de volume qui accélère. C'est l'urgence, le cœur qui s'emballe.
- Le silence : un blanc de quelques centièmes de seconde juste avant le coup. C'est lui qui donne la surprise.
- L'impact : un claquement très bref pour l'attaque, un grave profond pour le poids, une queue qui résonne dans la salle.
Étape 1 : caler la durée sur la musique
Une montée doit arriver exactement sur le premier temps d'une mesure, celle où la scène change. On la compte donc en mesures, pas en secondes : 2 mesures pour une transition rapide, 4 pour une montée classique, 8 à 16 pour une montée de fin de bande-annonce.
Étape 2 : régler les trois couches qui montent
| Couche | Départ | Arrivée | Courbe |
|---|---|---|---|
| Souffle (filtre) | 200 à 400 Hz | 8 à 12 kHz | lente au début, rapide à la fin |
| Tonalité (hauteur) | la note grave de l'accord | une à deux octaves plus haut | régulière |
| Trémolo (vitesse) | 2 à 4 battements par seconde | 16 à 25 | accélère sur la fin |
| Volume | discret | plein | doucement, puis d'un coup |
La courbe de volume est le réglage le plus important. Une montée linéaire sonne comme un fondu ; une montée exponentielle (qui reste discrète longtemps puis gonfle d'un coup) crée vraiment de la tension. C'est la même chose pour le filtre : il doit s'ouvrir surtout dans les dernières secondes.
Étape 3 : le silence avant le coup
Le réflexe est de faire monter jusqu'au dernier moment. C'est souvent une erreur : un impact qui arrive sur une montée encore pleine est masqué par elle. Coupez tout entre une double croche et une croche avant le temps (60 à 250 ms selon le tempo). Le cerveau entend le vide, attend, et l'impact paraît deux fois plus fort.
Étape 4 : construire l'impact
- 1
Le claquement
Quelques millisecondes de son brillant, presque un bruit : c'est l'attaque que l'on entend sur des petites enceintes. Sans lui, l'impact est mou.
- 2
Le grave
Une note très basse (30 à 60 Hz) qui descend un peu en hauteur au début : c'est le poids, ce que l'on sent au cinéma. Gardez-la en mono.
- 3
La queue
La résonance dans une grande salle, de 2 à 6 secondes. Elle porte la scène suivante et doit être filtrée dans le grave pour ne pas baver.
Avec Relief : la montée en un bouton
Relief regroupe tout cela dans son onglet Montée. La montée est calée sur le tempo de Logic, sa durée se règle de une à seize mesures, et chaque couche a ses propres réglages.
Un point de départ à ajuster à l'oreille, avec le bouton Essai (trois secondes) avant de lancer la vraie montée.
| Réglage | Valeur | Pourquoi |
|---|---|---|
| Durée | 4 mesures | La montée classique |
| Départ / arrivée du balayage | grave / tout en haut | Le souffle traverse tout le spectre |
| Courbe de volume | lente puis d'un coup | La tension se concentre sur la fin |
| Trémolo : vitesse | élevée | L'urgence des dernières secondes |
| Silence avant le coup | court | La surprise sans casser le rythme |
| Profondeur du grave | basse | Le poids de l'impact |
| Longueur de la queue | longue | La résonance porte la scène suivante |
Le bouton Impact joue le coup seul, sans la montée : pratique pour ponctuer une coupe d'image. Pour la nappe elle-même, voyez créer une nappe cinématique.

Placer la montée dans le mix
- Moins fort qu'on croit : une montée trop présente fatigue et vole l'impact. Elle doit être nette dans la dernière mesure, pas avant.
- Elle s'arrête net : pas de réverbe qui traîne sur le silence. Si la montée passe par une réverbe, coupez l'envoi avant le blanc.
- Un seul impact à la fois : deux impacts superposés de banques différentes se masquent et sonnent flous. Choisissez-en un, ou donnez-leur des registres différents (l'un grave, l'autre brillant).
- Avec un orchestre : faites coïncider l'impact avec l'accent de l'orchestre (cymbale, timbales, accord des cuivres). Voyez mélanger synthé et orchestre.
Questions fréquentes
Quelle durée pour un riser de bande-annonce ?
Quatre mesures est la durée classique. Deux mesures pour une transition rapide, huit à seize pour la grande montée finale. Comptez en mesures, pour que l'impact tombe sur le premier temps.
Pourquoi mettre un silence avant l'impact ?
Le vide fait attendre l'oreille : l'impact qui suit paraît beaucoup plus fort. Sans silence, l'impact est en partie masqué par la fin de la montée.
Comment rendre un impact plus puissant sans le monter ?
Soignez le claquement d'attaque (on l'entend même sur de petites enceintes), mettez le grave en mono, et laissez un blanc juste avant. La puissance perçue vient du contraste plus que du niveau.
Faut-il une montée sur chaque transition ?
Non. Réservez-la aux vrais changements de scène ou de section, sinon elle perd son effet. Entre deux, un simple impact ou un souffle court suffit.
Mis à jour le 07/10/2026.
